Déploiement d’Office 365, comment bien anticiper les impacts réseau ?

La suite collaborative Office 365 de Microsoft ne fait pas toujours des heureux après plusieurs mois d’utilisation.

Au-delà des nouveaux services proposés et du stockage plus grand, les performances ne sont parfois pas au rendez-vous : déconnexions intempestives, lenteurs des applications, mauvaise qualité Skype sont autant de sources de frustration pour les utilisateurs.

La qualité du réseau tient une place prépondérante dans l’accès à ces services.

 

Malgré l’anticipation et la préparation, la migration vers Office 365 n’est pas toujours un succès

La grande majorité des entreprises avouent avoir sous-estimé l’impact réseau que pouvait générer la suite Cloud de Microsoft.

D’après une étude menée par Zscaler en 2017 auprès des DSI de grandes entreprises en Amérique du Nord, 75% des entreprises interrogées prévoyaient une augmentation de trafic entre 25% et 100%. La réalité constatée est souvent au-delà, avec des augmentations de plus de 300%, liées entre autres aux usages collaboratifs et à la suite Office 365 elle-même.

50% des entreprises interrogées avouent également avoir sous-estimé le budget nécessaire pour la mise à niveau de leur réseau.

Les plus grandes préoccupations côté réseau sont la bande passante, la latence, mais également la perte de contrôle de la qualité de bout-en-bout comparé à un réseau pur MPLS.

 

D’où viennent les problèmes de performance ?

La migration vers Office 365 a pour conséquence de déplacer des services historiquement « on premise » (des data centers de l’entreprise) vers le Cloud, et par conséquence, de déporter une grosse partie du trafic du backbone de l’entreprise vers Internet.

On va donc chercher les services « plus loin », ce qui induit une augmentation de la latence.

La plupart des nouveaux services collaboratifs tels que OneDrive ou SharePoint génèrent également plus de trafic, car inexistants auparavant dans l’entreprise. L’augmentation de la bande passante backbone et Internet s’avère donc plus que nécessaire.

Le trafic Office 365 passant sur Internet avant d’atteindre les data centers Microsoft, une portion du trajet des données est en mode best effort, sans moyen de contrôle sur cette partie.

 

Les bonnes pratiques pour améliorer l’expérience utilisateur

La liste des bonnes pratiques est longue, ci-dessous quelques recommandations de base.

Généraliser les accès internet locaux pour les sites distants WAN : plus tôt on sort sur Internet, plus vite on atteint les data center Microsoft. Avec le RGPD et la possibilité d’héberger ses données en France, la latence réseau diminuera sensiblement, mais l’amélioration restera relativement négligeable du point de vue utilisateur.

La bande passante Internet : elle varie fortement d’un profil métier à l’autre. Noter que la bande passante par utilisateur n’est pas linéaire selon la taille du site : un site WAN de petite taille nécessitera plus de bande passante par utilisateur qu’un site campus, les pics ponctuels de trafic étant plus vite lissés sur un site ayant une plus grosse capacité Internet.

Le budget réseau : ne pas le sous-estimer, surtout sur les aspects bande passante.

Prioriser les flux réseaux : mettre en place des mécanismes de régulation de trafic afin de favoriser les applications métier ou la suite Office 365, et déprioriser le trafic Internet « récréatif ».

L’interconnexion directe avec Microsoft : le peering direct avec ExpressRoute ou un opérateur réseau n’est pas recommandé, car onéreux, et le gain de performances relativement limité. Aujourd’hui, les connexions Internet Business fournissent un niveau de qualité estimé suffisant par Microsoft.

Anticipation : dimensionner et préparer les infrastructures sécurité et réseau bien en amont de la migration (DNS, firewall, proxy, interfaces réseaux, capacité Internet)

Monitoring : le fait de passer ce trafic Business sur Internet entraine généralement une perte de vision bout-en-bout. Il est important de mettre en place des solutions de monitoring réseau adaptées afin de pouvoir surveiller l’état et la qualité du service O365.

Gouvernance : Les mauvaises pratiques sont souvent à l’origine de problèmes réseau. On oublie parfois les bonnes pratiques à donner aux utilisateurs, quelques exemples ci-dessous :

– Eviter d’utiliser des connexions Wifi dont la qualité du signal n’est pas toujours optimale, privilégier les connexions filaires LAN

– Eviter d’envoyer des pièces jointes trop lourdes par mail, préférer le partage de lien cloud avec OneDrive ou SharePoint

– Ne pas utiliser OneDrive pour faire des backups de son ordinateur, il existe d’autres moyens. OneDrive sert à garder accessibles les fichiers utiles depuis n’importe quel poste.

– Gérer finement les profils utilisateurs et la configuration des produits Office 365 afin d’optimiser la bande passante : limiter la résolution maximum des vidéos sur Skype for Business ou Teams, voire limiter les droits audio/vidéos pour les utilisateurs basés sur de sites distants à faible bande passante.

 

Conclusion

La transition vers Office 365 est une transformation lourde pour les réseaux d’entreprise.

Le dimensionnement du réseau, sa capacité à absorber ces nouveaux trafics, se place au cœur de cette transformation. La maîtrise du réseau et de l’accès à Internet est plus que jamais un enjeu majeur des DSI, d’autant plus qu’Office 365 n’est pas la seule application Business dans le Cloud.

Forte de ses expériences, Beijaflore est capable d’accompagner ses clients dans toutes les étapes de la migration, du business case à l’exploitation.